Qu'est-ce que l'erreur du parieur ?

L'erreur du parieur est commise lorsqu'une personne suppose qu'une déviation par rapport à ce qui se passe habituellement ou à long terme sera corrigée à court terme. Cette erreur se présente comme suit : X apparait, mais en fait X n'est pas censé s'afficher en moyenne ou sur le long terme. Par conséquent, X finira par ne plus apparaitre.

Cette erreur est commise de deux façons courantes. Dans les deux cas, une personne suppose que certains résultats doivent apparaitre forcément, tout simplement parce que ce qui s'est passé auparavant est une entorse à ce qu'il espérait en moyenne ou sur le long terme.

La première concerne les événements dont les probabilités de réalisation sont indépendantes les unes des autres. Par exemple, un lancer d'une pièce correcte (à deux côtés et non truquée) n'affecte pas le résultat du prochain lancer. Donc, chaque fois que la pièce est lancée, il y a (idéalement) une chance sur deux que le côté face apparaisse et le même pourcentage de chance que le côté pile s'affiche. Supposons qu'une personne lance une pièce 6 fois et obtient le côté face à chaque fois. S'il conclut que le prochain lancer sera pile parce qu'il trouve que cela devrait être le cas, alors il aura commis l'erreur du parieur. Il en est ainsi parce que les résultats des 6 lancers précédents n'ont aucune incidence sur le résultat du 7e. Il y a 50% de chance que ce soit le côté face qui s'affiche et également 50% pour que ce soit le côté pile qui apparaisse, comme c'est le cas pour tout autre lancer.

La seconde implique des cas dont les probabilités de réalisation ne sont pas indépendantes les unes des autres. Par exemple, supposons qu'un boxeur ait remporté 50% de ses combats au cours des deux dernières années. Présumons qu'après plusieurs combats, il ait remporté 50% de ses matchs cette année, qu'il ait perdu ses six derniers combats et qu'il en ait abandonné six. Si une personne croit qu'il gagnera ses six prochains combats parce qu'il a tenu compte de ses pertes et est « voué » à une victoire, alors elle aurait commis l'erreur du parieur. Après tout, cette personne n'aurait pas tenu compte du fait que les résultats d'un match peuvent influencer ceux du suivant. Par exemple, le boxeur aurait pu être blessé dans un match, ce qui réduirait ses chances de gagner ses six prochains combats.

Il convient de noter que toutes les prédictions à propos de ce qui est susceptible de se produire sont erronées. Si une personne a des preuves tangibles pour appuyer ses prédictions, alors ces dernières seront raisonnablement acceptées. Par exemple, si une personne lance une pièce normale et obtient neuf faces d'affilée, ce serait raisonnable de conclure qu'il n'obtiendra probablement plus une nouvelle série consécutive de neuf autres côtés face. Ce raisonnement ne serait pas fallacieux si sa conclusion est tirée d'une compréhension des lois de la probabilité. Dans ce cas, s'il a compris qu'il n'obtiendra plus une nouvelle série consécutive de neuf autres côtés face, parce que les chances qu'un tel évènement se produise sont plus faibles que celles d'obtenir moins, alors son raisonnement serait bon et sa conclusion serait donc justifiée. Par conséquent, déterminer si oui ou non l'erreur du parieur est commise nécessite souvent une certaine compréhension de base des lois de la probabilité.